De l’écume (manifeste)

« Si un astre brille, c’est le dormeur qui s’étoile : un petit éclat sur la rétine endormie dessine une constellation éphémère, évoque le souvenir confus d’une nuit étoilée »
Gaston Bachelard

Genèse de l’écume

C’est un procédé simple. Sous l’effet de la rêverie, les yeux se remplissent de matière. Une matière qui vient du fond. Cette matière encore informe et étrangement malléable, circule, se transforme, avant de s’échouer sur la rétine. Le mouvement de la matière, cet écoulement qui se manifeste, passant de l’énigmatique zone intra oculaire à la surface de l’orbite en présence, chatouille les idées tout autant que les sens. Et, de l’improbable rêverie que le roi, sujet de sa propre cour, vient de nourrir avec ses sens, s’extirpe une gouttelette qui n’en est plus une. Ce qui vient de s’échouer sur la rétine du sujet, roi de sa propre aptitude à rêver, n’est autre qu’une chimère, le fruit de l’improbable devenu réalité, une reconstruction d’un monde : invisible est pourtant sur les yeux. Cette matière est écume. Eclat de rêverie.
Le roi délirant, sujet de sa propre démence, devient réceptacle. Il est tout à la fois cafetière et tasse à café. Il est tout à la fois crayon et feuille de papier.
La matière qu’il soutient, l’écume de rêverie qu’il porte sur sa rétine, est le résultat d’une transsubstantiation. Le sujet ignorant, souverain de sa propre raison, vient, sans s’en rendre compte, de changer le koala en kangourou. Et, cette écume qu’il porte sur le coin de son œil, risquerait finalement de tomber définitivement dans l’oubli. (Imaginons le trajet… Pauvre écume tombée sur le plancher des vaches, mangée par un rhinocéros, phagocytée par un estomac fragile avant de sombrer définitivement dans une bouillie verdâtre, décomposée par l’oublie. Devenue minuscule point de rien, pauvre écume ne chantera plus jamais).
Cette écume est précieuse. C’est pourquoi, il convient d’en faire la collecte, de l’utiliser pour produire une énergie durable et renouvelable. Cette énergie, produite grâce à un carburant précieux, fruit d’une transsubstantiation des plus improbables, d’une rêverie à l’eau d’yeux visuel, pourrait servir le moteur de notre humanité.

Diagnostique écumial

N’ayons pas peur des mots ! Parler d’humanité rend suspicieux les rois présomptueux, sujets retenus prisonniers dans leur propre cage, construite de barreaux d’idéaux en fer forgé par des bourreaux. Pauvres rois, avachis dans leur parure de mots, et qui lancent, doigté agile, du bout de leur index, un tonnerre de prévisions sur des souffrances à venir. Eblouissant.
Que l’écume soit le terreau de leurs spéculations douteuses, cela est impossible. Car enfin, s’il suffisait, pour guérir la souffrance d’enfermer les malades dans les carcans d’une institution judiciaire raisonnable et sur-raisonnée, cela se saurait. Révéler la chose pour pouvoir l’enfermer, enfin ne plus la voir. Fermer les yeux. « Cachez ce Saint pleurant que je ne saurait voir » diraient les plus honnêtes de ces sujet présomptueux, rois de leur propres prison d’ignorance. S’offusquer n’est pas remède aux mots. Tout juste cela permettra de nommer la chose vouée à être obscène. En confondant la souffrance avec la maladie, ces tristes inquisiteurs ne se donnent pas les moyens du diagnostique, à même de permettre l’élaboration d’un remède. (Mais faut-il encore préciser que ces personnes qui voient du laxisme dans la quête de la compréhension des maux, sont les mêmes qui croient tout comprendre avec leurs seuls mots ?)

Naissance et Vie de l’écume

L’écume est d’une toute autre nature. Fondamentalement, elle n’est pas homme. Elle en naît sans en être. Si une écume est souvent le fruit d’une vague, rien ne nous dit que cette vague soit nouvelle. Le même étant toujours un autre qui se prend pour le même, la notion même de nouveauté existe en toute chose à l’état naturel. C’est certainement cet état de fait qui explique la confusion aisée que l’on trouve fréquemment entre l’idée de nouveauté et celle d’originalité. L’une évoque l’imprévisible, l’autre la préexistence. Mais encore faut il que quelque chose eu été présentée pour être à même de la re-présenter. Encore faut-il avoir déjà agit une fois pour pouvoir ré-agir. Constants vas et viens entre la vision et la révision. Le réel et la réalité se côtoient sans cesse par ce biais. La présence même de l’écume sur la rétine du roi assujetti par lui même en est symptomatique. Née de la rêverie, elle devient matière visuelle, qui à son tour invite à la rêverie. Dans l’écume, la rêverie existe par son absence. L’origine à donné naissance à la nouveauté qui met en présence l’origine de par son absence. En somme, rien n’est moins original que la nouveauté. Alors cette histoire de nouvelle vague, c’est pas très original ! Et, on lui préférera l’écume bien moins aguichante quoi que plus modeste ! Certains diront volontiers qu’on ne pourra plus surfer sur la vague après ce coup de génie qui consiste à valoriser l’écume plutôt qu’autre chose. A ceux là, nous diront qu’il ne faut pas trop être arrogant avec la puissance transcendantale suprême qui pourrait émaner de ce concept fort sympathique. Rappelons que l’écume des jours, c’est un peut comme les reflets de la nuit. Apaisant et excitant tout à la fois. Il faut, tout prêcheur que soit le moine écumeur, conserver l’équilibre de Shiva et la fouge des louveteaux du désert, l’harmonie du chaos et le désordre des stabilités. Si c’est en créant des liens que l’on devient religion, c’est en reliant les religions que l’on devient Lion, sujets d’une jungle dont nous sommes les rois...

Le sermon d’hypocrite

Une nouvelle science est née de tout cela. Elle s’appelle : « Ecumologie ». Et, comme en toute science, reconnaissons un principe limitatif à l’écumologie. Enfin, viendra l’heure du sermon d’hypocrite. L’indignité formulée. Le se l’hypocrite qui, ne sachant ce qu’il voulait, voulait ce qu’il ne savait pas, sans admettre que, de cette fatalité naissante, il disait ce qu’il ne voulait pas et ne voulait pas ce qu’il disait : « Ecume, je ne suis pas digne de te recevoir, mais montre moi seulement une image et je serais guérit ».

Le faux des bas des bas fonds

C’est au fond des terreurs, qu’orchestrent les symphonies des doutes, que se tissent d’étranges toiles d’écume et des constellations de désirs. Des nostalgies d’étoiles regroupées à la cime des profondes heures. Des bas se nouent en bas. Fragiles. Haut ou bas, rien n’est moins sûr. Ecorce de ta difficulté d’être, le doute te rempli de sagesse. N’ignorant plus l’ignorance, la fragilité de ton être écumé par le souvenir, projeté dans les entrailles de ta sollicitude, encore informulée, en devenir tu te revois.

Psyché et Ecume

Un coup, tôt formulé, vaut-il mieux qu’un mot, tard énoncé ?
Des maux de l’esprit aux mots d’esprits. Lacan en a rêver , l’écumologie l’a fait !

 

 

To be continued

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dé-Finir : arreter d'en finir

 

Freud, l’a analysé !